Quelle est la différence entre les arrhes et un acompte ?
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Quelle est la différence entre les arrhes et un acompte ?

Si vous gérez une entreprise, vous avez sûrement déjà croisé les termes arrhes et acompte. Dans les deux cas, il s’agit d’une somme versée d’avance sur le prix total d’une vente, ce qui explique qu’on les confonde si souvent.

Pourtant, la différence arrhes acompte est loin d’être un détail : ces deux formes de paiement anticipé créent des obligations juridiques et commerciales différentes pour l’acheteur comme pour le vendeur. Ce guide vous explique lesquelles, et comment choisir celle qui convient à votre activité.

Que sont les arrhes ?

Les arrhes sont une somme versée d’avance par un acheteur à un vendeur, pour l’achat d’un bien, d’un service ou la réservation d’une location. Elles matérialisent un engagement souple, jamais définitif.

Gardez ce point en tête : les arrhes ne lient irrémédiablement ni le commerçant ni le client. C’est la faculté de dédit, qui laisse chaque partie libre de renoncer. Si le client annule, il perd les arrhes versées. Si le vendeur annule, il rembourse le double à l’acheteur, comme le prévoient l‘article L214-1 du Code de la consommation et l’article 1590 du Code civil. Les deux peuvent donc se rétracter, mais le coût de sortie n’est pas le même.

Dans une vente à un consommateur, sauf mention contraire sur le contrat ou la facture, toute somme versée d’avance est présumée être des arrhes (article L214-1). Entre professionnels, cette présomption ne s’applique pas : la qualification dépend alors du contrat. Le contrat peut par ailleurs prévoir le remboursement des arrhes en cas d’annulation, si les deux parties en conviennent.

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Qu’est-ce qu’un acompte ?

Un acompte est un paiement partiel versé par l’acheteur à la signature du contrat de vente ou de réservation. Il correspond à un pourcentage du prix, payé en échange d’une marchandise ou d’un service.

Ce versement d’acompte engage fermement les deux parties. L’acheteur affirme son intention d’acheter ; le vendeur, en l’acceptant, doit fournir le bien ou la prestation. C’est une obligation d’exécution réciproque : chacun est tenu d’honorer l’intégralité du contrat. 

Pour une annulation, la même rigueur s’applique. Si l’acheteur renonce, le vendeur peut exiger le paiement intégral du prix ou des dommages et intérêts. Si le vendeur se rétracte, l’acheteur peut demander l’exécution forcée de la vente ou une indemnisation. En cas de désaccord, c’est le juge qui tranche.

Les acomptes portent souvent sur des commandes de valeur, comme les locations de vacances, des travaux ou encore des contrats B2B. Pour le vendeur, l’intérêt est clair. Ils limitent le risque d’impayés, sécurisent une partie du paiement à l’avance et soulagent la trésorerie.

Arrhes ou acompte : quelles sont les principales différences ?

À première vue, la nuance n’est pas évidente : les deux dispositifs se ressemblent. Pourtant, la différence entre arrhes et acompte repose avant tout sur le degré d’engagement et ses conséquences juridiques. Le tableau ci-dessous clarifie chaque point.

CritèreArrhesAcompte
EngagementEngagement souple, chaque partie peut se rétracterEngagement ferme et définitif
Annulation par l’acheteurPerte des arrhes versées (somme non remboursable)Le vendeur peut exiger le paiement du solde ou des dommages et intérêts
Annulation par le vendeurRemboursement du double des arrhes à l’acheteurL’acheteur peut demander l’exécution forcée ou des dommages et intérêts
Règles de remboursementArrhes perdues pour l’acheteur, restituées au double par le vendeurPas de remboursement automatique : le juge évalue le préjudice
Obligations d’indemnisationLimitées au montant des arrhes (ou au double)Dommages et intérêts pouvant couvrir le préjudice réel
Cas d’usage typiquesRéservations, tourisme, transactions à faible risqueB2B, travaux sur mesure, projets de grande valeur
Protection pour l’entrepriseFaible : le client peut se désengager tant que le contrat n’est pas exécutéForte : le client est juridiquement lié

Pour vous souvenir de la différence entre arrhes et acompte, voici une astuce mnémotechnique : « les arrhes, je peux arrêter » ; « acompte, je dois continuer ».

ce régime des arrhes et de l’acompte vaut pour les ventes de biens et les prestations de services conclues en magasin (achat en magasin) comme à distance (achat en ligne). Les ventes immobilières et les produits fabriqués sur mesure suivent, eux, des règles propres : pour l’immobilier, par exemple, un compte séquestre et un délai de rétractation de 10 jours.

Quelles sont les règles d’annulation des arrhes et de l’acompte ?

L’annulation de contrat ne produit pas les mêmes effets selon que vous avez versé des arrhes ou un acompte. Voici ce que prévoit le droit français dans chaque cas.

Annulation par l’acheteur

Avec des arrhes : l’acheteur peut renoncer à la transaction tant que le contrat n’a pas commencé à être exécuté. La principale conséquence est la perte des arrhes versées, qui restent acquises au vendeur. En principe, il ne s’expose à aucune pénalité supplémentaire, sauf abus caractérisé. Le mécanisme est simple : la somme versée constitue le prix de la liberté de se désengager.

Avec un acompte : l’acheteur ne peut pas se retirer unilatéralement. S’il annule malgré tout, le vendeur dispose de deux recours : demander le paiement intégral du prix convenu ou réclamer des dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi. C’est le juge qui fixe le montant de l’indemnisation en cas de litige.

Il y a une exception à noter : pour les contrats conclus à distance ou par démarchage, le droit de rétractation change la donne. Ce droit du consommateur, garanti par l’article L221-18 du Code de la consommation, laisse 14 jours à l’acheteur pour se rétracter et récupérer l’intégralité de la somme versée, qu’il s’agisse d’arrhes ou d’un acompte. Il ne joue pas pour les produits personnalisés ni les prestations déjà exécutées. Pensez à vérifier si une clause de rétractation figure dans votre contrat.

Annulation par le vendeur

Avec des arrhes : le vendeur qui revient sur son engagement, ou s’il ne fournit pas le bien ou la prestation prévus, il doit rembourser le double des arrhes versées à l’acheteur, conformément à l’article L214-1 du Code de la consommation.

Avec un acompte : le vendeur qui annule doit rembourser l’acompte et s’expose à une action en justice. L’acheteur peut demander l’exécution forcée de la vente ou réclamer des dommages et intérêts pour rupture abusive du contrat. Le préavis d’annulation, s’il est prévu dans le contrat, peut atténuer les conséquences, mais ne supprime pas la responsabilité contractuelle du vendeur.

Remboursement et indemnisation : que se passe-t-il en pratique ?

Au-delà des principes juridiques, voyons ce qui se passe en pratique en cas de litige. Le système de remboursement diffère selon la nature de la somme versée.

Quand les arrhes sont-elles perdues ?

Si le client annule la transaction, les arrhes sont perdues. C’est la règle de base. La somme reste acquise au vendeur, sans qu’il ait besoin de justifier un préjudice. C’est une somme non remboursable par défaut.

Toutefois, certaines exceptions existent. Si le client est couvert par une assurance offrant une telle protection (fréquent dans le tourisme et le transport), il peut récupérer les arrhes versées

Cette option est généralement proposée au moment de la réservation, moyennant un coût supplémentaire. D’autres assurances plus générales souscrites par le consommateur couvrent parfois ce cas : vérifiez les clauses du contrat.

Quand les arrhes doivent-elles être remboursées au double ?

Si c’est le vendeur qui annule, il doit rembourser le double des arrhes, conformément à l’article L214-1 du Code de la consommation

Par exemple, pour 500 € d’arrhes versées, le vendeur doit restituer 1 000 € au consommateur. Ce mécanisme de remboursement arrhes vise à compenser le préjudice subi par l’acheteur et à dissuader les annulations abusives de la part du professionnel.

Quand l’acompte engage-t-il la responsabilité contractuelle ?

Avec un acompte, la logique est différente. Aucun remboursement automatique n’est prévu. Si l’acheteur annule, le vendeur peut exiger le paiement intégral du prix convenu (article 1103 du Code civil, force obligatoire des contrats) ou demander des dommages et intérêts. 

Le montant de l’indemnisation n’est pas automatiquement égal au solde restant : c’est le juge qui évalue le préjudice réel.

Litiges et recours

Si un litige de consommation persiste, plusieurs étapes sont possibles : 

  • La première consiste à envoyer un courrier recommandé avec avis de réception faisant office de mise en demeure.
  • Ensuite, l’acheteur et le vendeur peuvent faire appel à un service de médiation consommation pour trouver un compromis.
  • S’ils n’y parviennent pas, les parties peuvent porter l’affaire devant la justice et demander des dommages et intérêts. Un litige consommation de ce type se règle le plus souvent à l’amiable, avant toute procédure judiciaire.

Bon à savoir : les sommes versées d’avance (arrhes, acompte ou avance) produisent des intérêts au taux légal à l’expiration d’un délai de 3 mois après le versement, et ce jusqu’à la réalisation de la vente ou le remboursement (article L214-2 du Code de la consommation). 

Ce mécanisme d’intérêts sur acomptes et arrhes protège le consommateur contre les retards de livraison ou d’exécution.

Facturer acompte entreprise

Comment sont calculés les arrhes et les acomptes ?

En France, aucune loi ne fixe de pourcentage obligatoire pour le calcul des arrhes ou des acomptes. Le montant est donc librement négocié entre l’acheteur et le vendeur : c’est un montant négociable dans les deux cas.

Pour les arrhes : en pratique, elles dépassent rarement 10 % du prix total de la transaction. Cette fourchette relève de l’usage commercial, pas d’une obligation légale.

Pour les acomptes : les entreprises demandent généralement entre 10 et 30 % du montant total du bien ou de la prestation. Par exemple, si un vacancier réserve une location à 1 000 € et que le propriétaire demande un acompte de 20 %, il verse 200 €. Vous pouvez aussi indexer les acomptes sur l’avancement du projet, une pratique courante pour les chantiers et les prestations de longue durée.

Dans les deux cas, les parties doivent se mettre d’accord sur les conditions au moment de la signature du devis ou du bon de commande : les dates de paiements en ligne ou en magasin, et les sommes à payer.

Plusieurs facteurs influencent le montant demandé : le secteur d’activité, la valeur totale de la commande, le profil du client et le niveau de risque d’annulation pèsent tous dans la balance. Un artisan qui engage des frais de matériaux importants aura intérêt à demander un acompte plus élevé qu’un restaurateur qui prend une réservation de table, par exemple.

Comment facturer les arrhes et les acomptes ?

Les obligations comptables et fiscales suivent les mêmes règles de base pour les deux. La principale différence concerne la mention explicite de la nature de la somme versée.

Les mentions obligatoires sur la facture

Vos factures d’arrhes ou d’acompte comportent les mêmes informations que vos factures habituelles

Parmi les principales mentions :

  • Les informations de votre client (nom et adresse)
  • Vos informations (dénomination sociale, SIREN, capital et adresse)
  • Le numéro de la facture (la numérotation doit suivre celle de vos autres factures
  • La date d’émission
  • L’objet de la facture
  • La référence du devis ou du bon de commande initial
  • Le type de produit ou service concerné
  • Les remises éventuelles
  • Le montant des arrhes ou de l’acompte déjà versé, avec la date du versement
  • Le taux de TVA applicable ou la mention légale d’exonération
  • Le montant HT et TTC

Cette liste n’est pas exhaustive. D’autres mentions sont obligatoires selon les cas : la date de la vente ou de la prestation, la quantité et le prix unitaire, les conditions de paiement et, entre professionnels, les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 €. La liste complète figure sur le site du service public.

Traitement comptable et facture de solde

Pour les arrhes, mentionnez la somme déjà payée par le client sur le document, avec la date du versement. La facture finale déduit le montant des arrhes du prix total.

Pour l’acompte, la facture suit la même logique. La différence est que le montant total de la facture d’acompte correspond à une partie de la prestation seulement. Si vous éditez plusieurs factures d’acompte, indiquez leur numéro de référence et les montants déjà payés sur la facture de solde.

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Traitement de la TVA

Le traitement de la TVA diffère entre arrhes et acompte. Pour un acompte, la TVA est exigible dès l’encaissement, pour les biens comme pour les services (règle unifiée depuis le 1er janvier 2023). Il s’agit d’un paiement sur le prix d’une vente ferme. Vous déclarez donc la TVA correspondante sur la période d’encaissement de l’acompte.

Pour les arrhes, la logique est différente. Tant que la vente n’est pas confirmée, les arrhes ne sont pas soumises à la TVA, car elles s’apparentent à une indemnité forfaitaire de résiliation et non à un paiement sur le prix. La TVA ne devient exigible que si les arrhes sont finalement imputées sur le prix de vente, au moment où la transaction se concrétise. 

En cas de désistement, la somme conservée par le vendeur reste hors champ de la TVA. Compte tenu de cette nuance, précisez bien la nature de la somme dans vos contrats et rapprochez-vous de votre expert-comptable.

Quelles sont les implications comptables ?

En comptabilité, les arrhes comme les acomptes reçus d’un client s’enregistrent au crédit du compte 4191 « Clients, avances et acomptes reçus sur commandes ». Il s’agit d’un compte de passif : la somme encaissée représente une dette tant que le bien n’est pas livré ou la prestation pas exécutée. Lors de la facturation définitive, le compte 4191 est soldé et le montant est rattaché au chiffre d’affaires. La facture de solde régularise ainsi l’écriture comptable.

Précisez toujours explicitement sur la facture s’il s’agit d’arrhes ou d’un acompte. Face à un consommateur, en l’absence de cette mention, la somme sera présumée être des arrhes, et votre client conservera le droit de se rétracter. Une confirmation de paiement claire protège les deux parties.

Choisir arrhes ou acompte

Peut-on demander plusieurs acomptes ?

Pour les contrats à exécution successive, vous pouvez tout à fait éditer plusieurs factures d’acompte. Cette pratique est courante pour les projets de longue durée ou à forte valeur.

Jalons de projet et facturation progressive

En général, vous demandez un premier acompte à la signature du devis, un deuxième à une étape clé du projet, puis vous émettez la facture de solde une fois la prestation terminée. Ce découpage en jalons sécurise votre trésorerie tout au long du projet et réduit le risque d’impayé. Un chantier de rénovation, par exemple, peut prévoir 30 % à la commande, 30 % à mi-travaux et le solde à la réception.

Contrats de longue durée

Pour les contrats de maintenance, de conseil ou de prestation continue, les acomptes peuvent suivre un rythme mensuel ou trimestriel. Ce fonctionnement rejoint celui des paiements récurrents : chaque échéance fait l’objet d’une facturation distincte, avec un suivi régulier des montants encaissés.

Solde et clôture

Veillez à attendre le règlement de chaque acompte avant de transmettre la facture suivante à votre client, afin d’éviter d’éventuels désaccords ou de perturber le processus établi avec l’autre partie. La facture de solde récapitule l’ensemble des acomptes déjà versés, leur numéro de référence et le montant restant dû. Elle clôture définitivement la transaction.

Quand utiliser les arrhes ?

Les arrhes conviennent aux situations où la flexibilité prime sur la sécurité. Voici les cas où elles sont les plus adaptées :

  • Le tourisme et l’hôtellerie. Les réservations d’hôtels, de restaurants et de locations saisonnières reposent souvent sur des arrhes. Le client réserve sans s’enfermer dans un engagement irréversible, ce qui favorise la prise de décision.
  • Les réservations à faible risque. Pour les prestations dont le coût de préparation est limité (réservation de table, rendez-vous de service), les arrhes suffisent. Le vendeur ne supporte pas de frais importants en cas d’annulation.
  • Les situations qui demandent de la flexibilité. Quand votre clientèle a besoin de pouvoir modifier ou annuler facilement (événements saisonniers, périodes d’incertitude), les arrhes facilitent la prise de commande. Elles réduisent la barrière à l’engagement sans exposer le vendeur à des pertes lourdes.
  • Les transactions à faible enjeu financier. Dans les secteurs où le montant moyen des commandes reste modéré, les arrhes captent une partie du chiffre d’affaires même en cas de désistement, sans créer de friction commerciale.

En résumé, les arrhes sont un outil de réservation souple, adapté aux transactions où le risque financier pour le vendeur reste maîtrisé.

Quand utiliser un acompte ?

L’acompte est l’instrument privilégié quand l’entreprise a besoin d’un engagement fort. Voici les cas où il s’impose :

  • Les contrats B2B. Entre professionnels, l’acompte est la norme. Il sécurise les deux parties et formalise un engagement réciproque sur des volumes ou des montants importants.
  • Les travaux sur mesure et les produits personnalisés. Un artisan qui commande des matériaux spécifiques, un prestataire qui mobilise une équipe : ces professionnels engagent des frais dès la signature. L’acompte couvre une partie de ces coûts et protège contre les annulations de dernière minute.
  • Les projets de grande valeur. Construction, rénovation, services professionnels (architectes, bureaux d’études, agences) : plus le montant de la transaction est élevé, plus l’acompte est justifié pour sécuriser la trésorerie et garantir le sérieux de la commande.
  • Les prestations de services à long terme. Pour les missions de conseil, les formations ou les contrats de maintenance, l’acompte structure le calendrier de paiement et réduit le risque d’impayés.
  • Toute situation qui exige un engagement fort. Dès que l’annulation d’une commande aurait des conséquences financières lourdes pour votre entreprise (perte de matériaux, mobilisation d’équipes, refus d’autres clients), l’acompte sécurise la relation commerciale.

En résumé, l’acompte est l’outil adapté dès que l’entreprise engage des frais en amont ou que le montant de la transaction justifie un engagement contractuel fort.

Arrhes ou acompte : quel est le plus intéressant pour votre entreprise ?

Arrhes ou acompte, il faut choisir. Le défi reste d’identifier la forme de paiement la plus intéressante pour votre société. 

Plusieurs critères doivent guider votre décision :

  • L’impact sur votre trésorerie. L’acompte offre une meilleure visibilité financière. Une fois versé, le client est engagé : vous pouvez planifier vos achats, votre production et vos ressources en conséquence. Les arrhes, en revanche, peuvent disparaître avec le client.
  • Le niveau d’engagement souhaité. Si vous demandez des arrhes, vous pouvez vous aussi mettre fin au contrat (au prix du remboursement au double). Si vous optez pour l’acompte, vous êtes tenu d’aller au bout de votre démarche. À vous de voir ce qui vous convient le mieux.
  • La protection juridique. L’acompte protège davantage l’entreprise. En cas d’annulation par le client, vous pouvez réclamer des dommages et intérêts ou l’exécution forcée du contrat. Avec les arrhes, votre seul recours est de conserver la somme versée.
  • La gestion du risque. Évaluez le coût d’une annulation pour votre activité. Si vous engagez des frais importants avant la livraison (matières premières, sous-traitance, logistique), l’acompte est plus sûr. Si le risque financier est faible, les arrhes peuvent suffire.
  • La flexibilité commerciale. Les arrhes rassurent les clients hésitants et facilitent la prise de commande. C’est un argument commercial dans les secteurs concurrentiels. L’acompte, plus contraignant, filtre les clients sérieux.

Votre choix dépend aussi de votre secteur d’activité. Les acteurs du tourisme et de la restauration privilégient souvent les arrhes. Les artisans, les prestataires B2B et les entreprises de construction optent généralement pour l’acompte.

Comment gérer les paiements anticipés ?

Lorsque vous avez choisi entre arrhes et acompte, la gestion opérationnelle de ces paiements devient un enjeu quotidien. Voici les bonnes pratiques pour en tirer le meilleur parti.

Suivre et tracer chaque paiement

Chaque arrhes ou acompte reçu doit être enregistré, daté et associé au contrat correspondant. Un suivi rigoureux vous évite les erreurs de facturation et facilite la gestion de votre trésorerie. Pensez aussi à bien distinguer versement et virement dans votre comptabilité : le traitement comptable et les délais diffèrent selon le mode de règlement choisi par le client. 

Pour les entreprises qui traitent un volume important de transactions, un outil de facturation et d’encaissement intégré simplifie ce suivi. Les solutions de paiement myPOS, par exemple, permettent de centraliser les encaissements par carte et en ligne, et de suivre chaque transaction en temps réel depuis un tableau de bord unique.

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Réduire le risque d'annulation

La clarté contractuelle est votre meilleure protection. Précisez toujours la nature de la somme versée (arrhes ou acompte) dans vos devis, bons de commande et conditions générales de vente. 

Ajoutez les conditions d'annulation, les délais de remboursement et les éventuelles pénalités. Un contrat bien rédigé réduit les litiges et protège les deux parties.

Optimiser votre trésorerie

Les paiements anticipés sont un levier direct pour améliorer votre trésorerie. Plus l'acompte est versé tôt, plus vous disposez de liquidités pour financer vos achats de matières premières, vos sous-traitants ou votre fonctionnement courant. 

Si vous constatez un taux d'annulation élevé, envisagez de passer des arrhes à l'acompte : l'engagement ferme du client réduit l'incertitude sur vos encaissements futurs.

Structurer vos calendriers de paiement

Pour les projets à plusieurs étapes, planifiez vos acomptes en jalons clairs : un premier versement à la commande, un deuxième à mi-parcours, le solde à la livraison. Ce découpage sécurise votre trésorerie à chaque étape du projet.

Si votre activité implique des clients à l'international, les mêmes principes s'appliquent, avec des précautions supplémentaires sur les délais de paiement international et les taux de change.

Choisir les bons outils

Un terminal de paiement ou une solution d'encaissement en ligne vous permet de collecter des arrhes ou des acomptes par carte bancaire, en toute simplicité. La traçabilité est automatique : chaque paiement est horodaté, associé à un client et exportable pour votre comptabilité.

Conclusion

Les arrhes offrent une souplesse appréciable. Elles conviennent aux réservations et aux transactions où le risque financier reste limité. Elles rassurent les clients hésitants et facilitent la prise de commande.

L'acompte, lui, scelle un engagement ferme. Il protège l'entreprise contre les annulations et sécurise la trésorerie sur les projets à forte valeur ou impliquant des frais préalables.

Quel que soit votre choix, la clarté contractuelle est la clé. Mentionnez toujours la nature de la somme versée dans vos documents commerciaux. Et structurez vos processus de facturation et d'encaissement pour garder le contrôle sur chaque transaction.

Questions fréquemment posées

Dans une vente à un consommateur, en l'absence de précision, la somme versée d'avance est présumée être des arrhes, conformément à l'article L214-1 du Code de la consommation. Le client conserve alors sa faculté de dédit. Entre professionnels, cette présomption ne s'applique pas et la qualification dépend du contrat. Dans tous les cas, pour sécuriser votre engagement, mentionnez explicitement « acompte » sur vos devis et factures.

Oui, dans le cadre du droit de rétractation. Pour les contrats conclus à distance (achat en ligne, démarchage), le consommateur dispose d'un délai de 14 jours pour se rétracter, et l'acompte doit lui être intégralement remboursé. Ce droit ne s'applique pas aux produits personnalisés ni aux prestations déjà exécutées.

Précisez systématiquement la nature de la somme (arrhes ou acompte) dans vos documents contractuels. Détaillez les conditions d'annulation, les modalités de remboursement et les délais applicables. En cas de litige de consommation, commencez par une mise en demeure, puis faites appel à un médiateur avant de saisir la justice. Pour les demandes inférieures ou égales à 5 000 €, cette tentative de résolution amiable (médiation ou conciliation) est en principe obligatoire avant de saisir le tribunal, sauf exceptions prévues par la loi (l'urgence, par exemple). Selon la juridiction, la représentation par un avocat n'est généralement pas exigée pour les demandes inférieures ou égales à 10 000 €.

Non. L'obligation de restituer le double des arrhes en cas d'annulation par le vendeur est prévue par la loi (article L214-1 du Code de la consommation). Si le professionnel refuse, le consommateur peut engager une procédure de médiation consommation ou saisir le tribunal compétent.

En théorie, rien ne l'interdit. Mais en pratique, la confusion entre les deux régimes crée un risque juridique. Il est préférable de choisir une seule qualification et de l'appliquer de manière cohérente à l'ensemble du contrat.

En principe, le droit de rétractation protège le consommateur, pas le professionnel. Mais l'article L221-3 du Code de la consommation (loi Hamon) l'étend aux petites entreprises, sous trois conditions cumulatives : un contrat signé hors établissement (souvent après démarchage), un objet étranger à l'activité principale, et cinq salariés au plus. Réunies, elles ouvrent 14 jours pour se rétracter et récupérer les sommes versées, arrhes ou acompte compris. Au-delà de cinq salariés, la règle ne joue pas. Par prudence, la DGCCRF conseille de l'appliquer dès que votre cocontractant emploie cinq salariés ou moins.

Un modèle de contrat type fait gagner du temps, mais ses clauses non négociées peuvent le faire qualifier de contrat d'adhésion. L'article 1171 du Code civil autorise alors le juge à réputer non écrite toute clause créant un déséquilibre significatif. En cas de doute, un tel contrat s'interprète contre celui qui l'a rédigé (article 1190 du Code civil). Un modèle générique oublie aussi parfois des mentions obligatoires. Adaptez-le à chaque transaction, en précisant par exemple s'il s'agit d'arrhes ou d'un acompte et les conditions d'annulation associées.

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